Le grand froid qui s’abat sur l’hexagone depuis quelques semaines, par delà l’inconfort qu’il cause, nous renvoie cette année encore et de manière brutale à la
situation douloureuse et dangereuse des sans abris, problématique liée à la pénurie de logements.
Madame la ministre Christine Boutin ne s’en sort pas car le problème est vaste et les solutions et les moyens apportés par le gouvernement ne sont ni adaptés ni à
la hauteur des besoins, volontairement sous-estimés.
La chute des températures met le gouvernement face à son incapacité à traiter le problème des sans abris et des mal logés. Or comme le déclarait Jean-Baptiste
Eyraud, porte parole du DAL (Droit au Logement) « Madame Boutin confond logement et hébergement ».
En effet, devant l’ampleur de la tâche et la dégradation très rapide de la situation sociale de notre pays, la Ministre se montre incapable d’apporter les bonnes
solutions, paraissant acculée à une sorte de gestion de crise et de l’urgence qui pourtant n’est pas nouvelle.
Confrontée à l’urgence de loger les sans logis Madame Boutin demande aux mal logés de rester là où ils sont dans un silence religieux, tandis qu’elle considère avec
une inquiétude inavouée l’application de la loi DALO dont les commissions de médiation seront mises en place dès ce mois de janvier. Mais la résistance s’est organisée et travailleurs immigrés
avec papiers mal logés se sont installés en décembre, rue de la Banque à Paris soutenus par le DAL, demandant la réquisition de bâtiments inoccupés depuis 4 ans.
Particulièrement exposés ces temps-ci, les SDF pour lesquels des places ont été ouvertes dans des centres d’accueil, quasi obligation leur fut faite de s’y rendre.
Devant le tollé provoqué par le caractère obligatoire qu’à voulu en faire la Dame, le Premier Ministre s’est vu contraint de tempérer les propos de sa ministre.
De nombreux SDF ne souhaitent pas aller dans ces centres où malgré la chaleur ils ne se sentent ni en sécurité ni à leur aise et préfèrent rester au péril de leur
vie dans la rue. Mais que l’on se rassure Madame Boutin a déclaré le 29 décembre après le décès de deux SDF qu’elle se sentait « responsable, comme tous les français » de « la
précarité et de la désocialisation ». Etonnant de constater qu’un ministre de la république n’ait pas plus de capacité à traiter les problèmes de la nation qu’un simple citoyen !
A cela s’ajoute la pénurie de logements à laquelle sont confrontés de nombreux ménages, liée à l’accumulation depuis une vingtaine d’année de petits déficits
annuels qui font qu’il manque un million de logements. Ce million de logements répondrait à l’ensemble des besoins actuels, ceux des sans logis et des mal logés.
Aujourd’hui les chiffres de la construction sont inquiétants. Pour la 1ère fois depuis 3 ans, le seuil des
400 000 mises en chantier n’a pas été atteint alors que l’objectif du gouvernement était de 500 000 logements par an. En 2007, 427 000 logements ont été mis en chantier ; la
production est tombée à 370 000 pour 2008 et sera inférieure à 330 000 en 2009, soit approximativement la production de 1993.
L’observatoire du groupe Caisses d’Epargne vient de montrer qu’il faut désormais compter en moyenne 4 années de revenus pour rembourser son logement, contre 2,5
entre 1995 et 2005. Cette augmentation des prix a pour conséquence un blocage complet de la chaîne du logement. Or s’il n’y a pas d’accession possible au logement privé du fait des prix, cela a
pour conséquence une sclérose du logement social qui joue donc moins bien son rôle d’accueil des jeunes et de sas d’insertion dans un cadre de mixité. Dès lors les plus modestes, les plus
pauvres, les moins bien intégrés n’ont plus de place dans la chaîne du logement.
Malgré ce constat avéré et validé par tous, le projet de loi de fiances 2009 se révèle largement en deçà de l’urgence des besoins des français. Madame Boutin
elle-même a avoué lors d’une interview que son budget avait été amputé de plus de 6 % !
Pour les collectivités locales qui souhaitent piloter des programmes de construction de logements sociaux, la route est plus que tortueuse en raison du nombre
d’échelons administratifs qui constitue plutôt un frein qu’un moteur à la production de logements. Les maires ont le droit à la construction, les départements ont l’aide sociale, les régions le
foncier, l’Etat l’aide à la pierre et à la personne et l’Europe pour certains grands projets.
Malgré ces difficultés l’agglomération de la Rochelle en partenariat avec les organismes publics et privés du territoire, a pu livrer entre 2000 et 2008 près de
1000 logements sociaux dont 573 sur la Ville de la Rochelle.
S’agissant de nos projets d’avenir, la Communauté d’Agglomération a adopté le 19 décembre 2008, le Programme local de l’habitat 2009-2014 qui donnera aux communes
les moyens d’accueillir de nouveaux habitants. Nous souhaitons permettre à chaque habitant d’occuper un logement adapté à sa situation financière et favoriser la mixité sociale. Nous avons obtenu
des promoteurs la production de logements à loyers modérés au sein de leurs programmes immobiliers privés...